Un dégât des eaux venu de l'étage

Le pressing du 133 boulevard Pasteur rouvre après sept semaines d'arrêt

La machine à repasser s'est remise à chauffer le 22 septembre, à 9h05. Sept semaines après un dégât des eaux, l'atelier du 133 boulevard Pasteur reprend les retouches, sans rendez-vous pour les travaux simples.

Un dégât des eaux venu de l'étage

Le 3 août, peu après 6h, une canalisation rompue au deuxième étage a déversé près de 200 litres dans la cage d'escalier. L'atelier a reçu l'essentiel du trop-plein par le plafond de la réserve. Quatre machines à coudre, deux surjeteuses et tout le stock de fermetures à glissière ont été touchés.

« On a d'abord cru à une fuite de climatisation », raconte Camille Girard, responsable des rendez-vous. Le plafond a tenu. La laine de verre, elle, s'est gorgée d'eau en quelques minutes, et trois jours plus tard une odeur d'humidité persistait dans la surface de vente, ce qui a obligé l'équipe à aérer chaque matin pendant deux semaines avant que l'expert d'assurance, mandaté par le syndic, ne passe le 7 août et ne rende le 12 août un rapport chiffrant le matériel à 14 870 euros et la plâtrerie à 3 200 euros.

Sept semaines sans retouches

Sept semaines sans retouches

Pour les habitants du quartier, l'interruption a été brutale.

Le 133 boulevard Pasteur se trouve à 400 mètres de l'arrêt de tramway Porte Jeune, ligne 1, et beaucoup de clients y déposaient leurs vêtements le matin en descendant du tram, si bien que pendant sept semaines il a fallu pousser jusqu'à la rue du Sauvage ou l'avenue de Colmar pour faire poser un zip. Nicolas Dubois, chargé de l'administration, a compté les reports. Le standard, au 03 80 23 64 84, a enregistré un pic le lundi 11 août, avec 31 messages en une journée. « Nous avons reçu 118 appels entre le 4 août et le 20 septembre pour demander si nous étions ouverts », précise-t-il.

Douze clients avaient réservé pour des retouches de vêtements de cérémonie fin août. Camille Girard les a rappelés un par un entre le 5 et le 9 août.

Aucun n'a annulé définitivement. « Ils ont juste décalé », dit-elle. Olivier Moreau, responsable du stock, a passé la première quinzaine à trier les fermetures à glissière récupérables une par une dans des bacs en plastique. Le carnet de septembre affiche 74 rendez-vous, contre 61 en septembre 2025.

Ce qui a changé dans l'atelier

La réouverture ne s'est pas faite à l'identique. Le plafond de la réserve a été refait en dalles démontables de 60 sur 60, ce qui permettra de repérer une fuite sans tout casser. Jean Garcia, chargé des achats, a profité de l'arrêt pour remplacer deux machines à coudre hors d'usage depuis 2024, livrées le 18 septembre par un fournisseur de Kingersheim, pour un coût de 4 180 euros financés sur les réserves de Xikixidapartnersnet SASU.

Cinq rangées, désormais. Olivier Moreau a étiqueté chaque bac.

« Avant, on perdait dix minutes à chercher un zip de 18 centimètres », explique-t-il. L'atelier travaille depuis 2014 dans ces murs et n'a jamais déménagé. La surface reste de 62 mètres carrés, entre boutique, atelier et réserve. Un détail a surpris les habitués : l'entrée a glissé de deux mètres vers la droite pour laisser passer un plan incliné conforme, ce qui facilite l'accès aux poussettes et aux fauteuils roulants sur ce tronçon du boulevard. La porte vitrée s'ouvre maintenant toute seule. Le lundi 22 septembre, une cliente de 78 ans, habitante de la cité Wagner, a testé le dispositif sans aide et est repartie avec un manteau raccourci de quatre centimètres, récupéré le lendemain.

Horaires et accès pour les semaines à venir

L'atelier applique de nouveau ses horaires habituels. Du lundi au vendredi, 9h00 à 18h00 ; le samedi, 9h00 à 13h00 ; le dimanche, fermé. Les retouches simples, ourlet ou reprise de couture, se font sans rendez-vous, tandis que les transformations plus longues, notamment les ajustements de vestes en cuir, passent par un rendez-vous au 03 80 23 64 84 ou par courriel à [email protected].

Le site xikixidapartnersnet.digital affiche les mêmes coordonnées.

Camille Girard conseille d'appeler avant de se déplacer pour le cuir : certaines opérations exigent une machine spécifique, et les délais annoncés, trois jours ouvrés pour un ourlet, huit jours pour la fermeture d'un blouson, dépendent de la charge de l'atelier. L'arrêt Porte Jeune reste le plus pratique. Les lignes de bus 10 et 16 desservent aussi le secteur, avec un arrêt à 250 mètres, rue de la Sinne. Un parking payant se trouve place de la Réunion, à 300 mètres.

Une réouverture qui ne règle pas tout

Tous les problèmes ne sont pas soldés. Le dossier d'assurance n'est pas clos : l'expert doit encore valider la facture de plâtrerie envoyée le 15 septembre, et Nicolas Dubois estime que le remboursement pourrait prendre jusqu'à la mi-octobre, alors que la trésorerie a déjà absorbé les 4 180 euros de machines sans attendre le versement.

La fermeture a aussi laissé des traces dans les habitudes. « On ne sait pas combien reviendront », admet Jean Garcia.

Le carnet de septembre est bon. Octobre reste à remplir. L'atelier mise sur les retouches saisonnières, manteaux et doublures, qui pèsent chaque année 40 % de l'activité entre octobre et décembre.

Cent douze créneaux sont déjà posés pour la première quinzaine d'octobre, et le rythme normal devrait revenir d'ici la fin du mois selon Camille Girard. La machine à repasser chauffe à 8h45, un quart d'heure avant l'ouverture, comme avant.

La réouverture ne s'est pas faite à l'identique.

Nicolas Dubois, Administration